Que veut dire PLS ?
PLS est l’abréviation de position latérale de sécurité. C’est une position d’attente enseignée dans toutes les formations de premiers secours : la victime inconsciente est installée sur le côté, la tête basculée en arrière et la bouche tournée vers le sol, afin que l’air continue de passer librement jusqu’à l’arrivée des secours.
Dans le langage courant, l’expression « être en PLS » est devenue une façon familière de dire qu’on est épuisé, abattu ou dépassé. L’image vient directement du secourisme : une personne allongée sur le côté, immobile, qui a besoin qu’on s’occupe d’elle. Ici, nous parlons bien du geste qui sauve, pas de l’expression.

Pourquoi ne jamais laisser une personne inconsciente sur le dos
Chez une personne inconsciente, tous les muscles se relâchent, y compris ceux de la langue. Allongée sur le dos, la langue peut basculer vers l’arrière de la gorge et bloquer le passage de l’air. Deuxième danger : les liquides. La salive, le sang ou les vomissements ne sont plus avalés par réflexe et peuvent s’écouler vers les poumons.
Une victime inconsciente laissée sur le dos peut donc s’étouffer alors qu’elle respirait normalement quelques minutes plus tôt. La PLS neutralise ces deux risques : sur le côté, la langue ne bascule plus en arrière, et la bouche orientée vers le sol permet aux liquides de s’évacuer à l’extérieur plutôt que vers les voies respiratoires.
Quand mettre une victime en PLS (et quand ne pas le faire)
La PLS s’applique dans une seule situation : la victime est inconsciente ET elle respire normalement. Toute autre combinaison appelle un geste différent. Ce tableau résume la conduite à tenir :| Ce que vous constatez | Le bon geste |
|---|---|
| La victime ne répond pas mais respire normalement (poitrine qui se soulève régulièrement, souffle audible) | Mettre en PLS, alerter les secours, surveiller la respiration |
| La victime ne respire pas, ou respire anormalement (respiration lente, bruyante, par à-coups) | Pas de PLS : alerter, commencer immédiatement le massage cardiaque et faire apporter un défibrillateur |
| Vous suspectez un traumatisme de la colonne vertébrale (chute de hauteur, accident de la route, choc violent sur la tête ou le dos) | Ne pas déplacer la victime, sauf si elle vomit ou si un danger immédiat l’exige. Signaler votre doute aux secours dès l’alerte |
Pour vérifier la respiration : basculez doucement sa tête en arrière en levant le menton, puis regardez la poitrine, écoutez et sentez le souffle pendant 10 secondes au maximum. Pour vérifier la conscience : posez une question simple et demandez-lui de serrer votre main.
Les 6 étapes de la PLS
Placez-vous à genoux sur le côté de la victime, puis enchaînez les étapes suivantes sans précipitation :
Préparez le bras le plus proche de vous. Placez-le à angle droit par rapport à son corps, coude plié, paume tournée vers le haut.
Amenez sa main opposée contre sa joue. Saisissez sa main la plus éloignée, placez le dos de cette main contre la joue située de votre côté, et gardez-la maintenue avec votre paume.
Relevez son genou opposé. De votre autre main, attrapez sa jambe la plus éloignée juste derrière le genou et relevez-la, le pied restant au sol.
Faites-la rouler vers vous. Tirez sur le genou relevé pour faire pivoter la victime sur le côté, d’un mouvement régulier, jusqu’à ce que le genou touche le sol. Votre main contre sa joue accompagne la rotation de la tête.
Stabilisez la position. Ajustez la jambe du dessus pour que la hanche et le genou forment un angle droit : le corps ne doit pas pouvoir basculer vers l’avant ni vers l’arrière.
Ouvrez les voies aériennes. Basculez doucement sa tête en arrière, bouche tournée vers le sol, et vérifiez que rien ne gêne le passage de l’air. Alertez ensuite les secours si ce n’est pas déjà fait.
Pour vérifier la respiration : basculez doucement sa tête en arrière en levant le menton, puis regardez la poitrine, écoutez et sentez le souffle pendant 10 secondes au maximum. Pour vérifier la conscience : posez une question simple et demandez-lui de serrer votre main.
Les cas particuliers
À partir du deuxième trimestre de grossesse, la victime doit être allongée sur le côté gauche. Sur le côté droit ou sur le dos, le poids de l’utérus peut comprimer la veine cave inférieure, un gros vaisseau qui ramène le sang vers le cœur, et aggraver son état. Le geste reste identique, seul le côté est imposé.
Les principes ne changent pas : sur le côté, tête en arrière, bouche vers le sol. Chez le nourrisson, la position peut être maintenue directement dans vos bras, sur le côté, tête légèrement plus basse que le corps. Chez l’enfant, adaptez simplement l’amplitude de vos gestes à sa taille.
La technique du genou relevé sert justement de levier : c’est la jambe qui fait tourner le corps, pas la force de vos bras. Si besoin, faites-vous aider d’un témoin, l’un guidant la tête et les épaules, l’autre le bassin.

Pourquoi la PLS se fait-elle plutôt sur le côté gauche ?
Chez un adulte qui n’est pas enceinte, les référentiels de secourisme acceptent les deux côtés : ce qui compte, c’est que la victime soit sur le côté, voies aériennes ouvertes. Le côté gauche ne devient obligatoire que pour la femme enceinte. En pratique, on choisit aussi le côté selon l’environnement : blessures visibles, mur, pente ou espace disponible.
Que faire une fois la victime en PLS
- Alertez les secours : le 15 (SAMU), le 18 (pompiers) ou le 112, et le 114 par SMS pour les personnes sourdes ou malentendantes.
- Surveillez sa respiration en continu, environ toutes les minutes, jusqu’à l’arrivée des secours.
- Couvrez la victime et parlez-lui : même inconsciente, elle peut vous entendre.
- Si la respiration s’arrête ou devient anormale, remettez-la immédiatement sur le dos et commencez la réanimation cardio-pulmonaire.
Questions fréquentes sur la Formation SST
Peut-on mettre une personne en PLS sur un lit ou un canapé ?
Si possible, installez la victime au sol, sur un plan dur et stable : sur une surface molle, la position tient mal et la surveillance est moins fiable. Si vous ne pouvez pas la déplacer sans risque, mettez-la sur le côté là où elle se trouve.
Combien de temps peut-on laisser une victime en PLS ?
Jusqu’à l’arrivée des secours, sans limite de durée, à condition de surveiller sa respiration en continu et de suivre les consignes données par le médecin régulateur du 15.
Où apprendre à pratiquer la PLS ?
La PLS s’apprend en formation, sur mise en situation réelle avec un formateur qui corrige votre geste. Elle figure au programme de nos formations PSC, Gestes qui sauvent et SST.
Lire ne suffit pas : la PLS se maîtrise avec les mains. Nos formations PSC, Gestes qui sauvent et SST sont animées par des sapeurs-pompiers en activité, dans vos locaux ou chez L2A Formation, en Île-de-France et en Normandie.
